Changer le regard sur nos faiblesses

NB article initialement paru dans le webzine de Femmes Alpha

Avouons-le… nous sommes boursouflés de paradoxes ! Nous adorons être dans la norme, avec juste ce qu’il faut d’originalité pour rehausser notre personnalité. Pour les matheux on dirait que l’on doit se situer un écart type au-dessus ou au-dessous de la courbe normale ; pour un musicien, on dirait qu’on ne doit pas dépasser d’un bémol la portée; et pour un buveur de café Starbucks, on pourrait dire que le latte est de rigueur, mais avec du lait soya à la vanille SVP!

Au-delà de notre personnalité apparente, il y a des «choses» que l’on essaye de gommer pour ne pas dépasser la quantité d’originalité requise. Ces «choses» peuvent prendre plusieurs noms : défauts, secrets, hontes, handicaps, bizarreries … mais être logique avec moi-même je vais appeler dorénavant toutes ces «choses» nos «originalités»… et certaines nous ferraient sûrement mourir (croit-on) de honte si on les divulguait ! Avez-vous les vôtres ? Je le pense, et d’ailleurs, la liste doit être sûrement en train de se dérouler dans votre tête.

Parfois nos originalités sont flagrantes, alors il est difficile de les cacher… Pourtant, beaucoup investissent quand même de l’énergie pour divertir l’attention des autres afin de ne pas trop se faire remarquer ou se faire questionner. D’autres fois, nos originalités, elles, sont invisibles à la vue. Toutefois, même là, c’est parfois un combat intérieur pour les laisser cachées dans leur grotte et éviter de les dévoiler aux nouvelles personnes rencontrées… ou du moins les dévoiler le plus tard possible…

Pourtant tout cela est bien naïf, et même si vous pensez être le roi de la cachette, vous faites fausse route. En effet, en manoeuvrant constamment pour ne pas les divulguer, vous vous condamnez toujours à les prendre en considération elles, plus que toute chose autre, plus que vos belles qualités pour exister. De fait, vous posez constamment des gestes, vous déployez une façon d’être qui les prend bien trop en considération pour que votre attitude soit naturelle et limpide.

Il existe d’ailleurs mille et une stratégies pour les camoufler, quelle est la vôtre ? Une stratégie du registre de la fuite ? (dès qu’une personne risque de nous démasquer, on s’esquive !), une du registre de gentillesse à outrance ? (être suffisamment attachant pour ne pas être démasqué) qui se jumelle à celle du registre de la transparence (ne pas faire de vagues), il y a aussi celle du registre de l’attaque, qui inclue la colère, l’agressivité, le mépris (elle est ultra efficace pour ne jamais être remis en cause !) ou encore celle du grand monde de l’excentricité : être tellement original que cela devient un message en soi !

Il se peut aussi que vous ne vous soyez pas senti interpellé par ce que j’écris, en vous disant que bien évidemment la personne authentique vous êtes n’a rien à cacher. Je vous crois d’emblée, mais je sais que vous n’avez pas vu juste, car si vous n’avez pas d’originalité alors vous n’avez pas de saveur, de couleur, de vécu ou de vivant en vous. Vous faites peut être par contre du déni en cherchant à ne pas les voir ! Cela n’est pas très grave, car si vous n’êtes pas capable de les déceler par vous même vos petites imperfections (justement parce qu’elles sont bien cachées), observez ceux autour de vous qui vous agacent le plus et vous aurez alors la réponse à votre question ! Ils sont votre miroir!

Pour continuer en si bon chemin, que diriez-vous de regarder vos originalités sous un autre angle ? Que diriez-vous de, le temps d’un exercice, apprendre à aimer, chérir, honorer et donner un espace de vie à vos défauts ?

Cette idée ne m’est pas venue naturellement, mais au fil du temps, j’ai tiré des constats bien surprenants. Je vous les livre… Prenons Cindy Crawford et son grain de beauté. Sa carrière aurait-elle été la même si elle avait écouté les poulets qui lui conseillaient de se faire opérer ? Prenez ensuite Mylène Paquette – une navigatrice Québécoise, aurait-elle réellement traversé l’Atlantique si elle n’avait pas eu peur de l’eau ? Prenez Philippe Croizon, une Française sans bras ni jambes qui s’est donné comme défi de traverser la Manche (33 kilomètres de mer entre la France et l’Angleterre), aurait-il eu cette idée saugrenue s’il avait été bien équipé par la nature pour nager ? Winnie Harlow, elle, est une mannequin canadienne qui souffre d’un problème de peau qui amène son corps de liane noire à être parsemé de taches blanches. Se saurait-elle ainsi démarquée, c’est le cas de le dire, sans son petit «défaut de fabrication», son originalité à elle ?

Et ici, je ne vous cite que quelques exemples qui sont bien éloquents ! Mais qui sont en même temps très parlant… car comme nous le disait Aristote : «Qui peut le plus, peut le moins !». Alors même si vous n’avez pas aucun grain de beauté sur la figure, aucune tâche sur le corps, des bras, des jambes et aucune phobie spéciale, vous avez quand même quelque chose à revendiquer, quelque chose à montrer … enfin… quelque chose qui vous rend si singulier et que vous avez peut être désormais envie de le chérir comme un trésor qui marque le sceau de votre si belle nature. Alors Let’s make it Happen now et revendiquez-vous dans toute votre splendeur !

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