Il est un temps de notre vie, où, après avoir fait le tour de la glorification personnelle, du «moi-je», de l’écoute sélective qui nous amène à rebondir sur son histoire à soi, on souhaite évoluer et passer à autre chose. Et cette alternative se présente sous le visage de l’humilité et de la vulnérabilité. Ce n’est pas très sexy comme vocable, mais je n’ai rien de mieux à proposer. 

 Quand on rentre dans cette quête, que l’on peut alors décrire comme une quête  d’authenticité, on s’aperçoit alors que s’ouvrir ainsi aux autres peut provoquer deux types de réaction : certains, se sentant baignés de confiance, se mettent eux aussi à s’ouvrir, à montrer leurs petites blessures, à être authentiques… D’autres, cependant, récupèrent cette ouverture pour prendre le pouvoir sur la relation, en tout cas c’est ce qu’ils croient. C’est ce qui nous fait le plus peur, et qui fait que l’on n’ose pas s’ouvrir, se montrer, s’afficher tel que l’on est. Ce que l’on ne sait pas, car on ne le constate qu’une fois l’épreuve de la vulnérabilité passée, c’est que cette tentative égotique de prise de pouvoir, finalement, est stérile. Elle est stérile, car en exprimant consciemment son ouverture, on renforce sa relation à soi…et par le fait même on est deux fois plus fort pour faire face à ces attaques faciles et sournoises. Ainsi, le résultat dans les deux cas est le même : On y voit juste plus clair, car la personne qui réagit avec son égo, pour justement se cacher d’une vérité, s’affiche telle qu’elle est ou exprime indirectement le contenu de ses peurs et de ses complexes… elle se met donc elle-aussi, sans le vouloir, à nu.

Ainsi, en conclusion, on peut voir que dans les deux cas, on apprend toujours plus sur l’autre, sur les blessures et les zones de vulnérabilité quand on choisir soi-même l’authenticité. À méditer !