On est tous responsable de sa vie et de ce que l’on vit. Trop se fondre dans la souffrance des autres, en y injectant son inquiétude n’est jamais une bonne façon d’aider l’autre.

Le plaindre, souffrir soi-même de le voir ainsi, alors même que l’on ne peut pas vraiment comprendre ce qu’il vit profondément. Tout faire pour l’autre en pensant à ce qui est bon pour lui, à sa place, c’est devancer ses besoins et l’immobiliser dans son impuissance. Cela lui enlèvera aussi sa capacité à faire face, sa capacité à faire par lui-même et l’accusera d’une somme d’inquiétudes qui rajoutent un poids lourd à ce qu’il vit.

La bonne attitude est l’empathie face à ce qu l’autre vit, c’est à dire une reconnaissance de cette souffrance, mais aussi une acceptation de sa force intérieure pour y faire face, à sa façon. La bonne attitude, c’est savoir que nos émotions nous appartiennent et qu’il faut en être responsable. Que trop s’inquiéter pour l’autre en lui projetant cette inquiétude n’est franchement pas aidant.

Que c’est difficile de ne pas s’inquiéter quand on aime tant! Que c’est difficile de trouver la juste posture devant quelqu’un qu’on aime, qui souffre, et que l’on voudrait tellement aider!

Mais en même temps…

Que c’est mature de savoir ce qui nous appartient et donc de savoir faire la part des choses entre notre façon à nous de percevoir la souffrance de l’autre et sa façon à lui de la vivre!

Que c’est mature de savoir que nos émotions parlent d’abord de nous et de notre relation à l’autre, et que les conserver pour nous sans les projeter sur l’autre est la meilleure manière pour soi de grandir, de rester libre et, finalement, d’aider l’autre!

Que c’est mature de prendre cette occasion d’accompagnement pour grandir!

Ces mots là, je peux les mettre sur papier parce qu’ils m’ont été dictés intérieurement par une reine de la sagesse, mais je sais que je dois encore faire l’expérience de cette sagesse pour être réellement en mesure de la comprendre encore plus.